Introduction à l’astronomie…

 

Astronomie : « L’astronomie est de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, ainsi que leur propriété physique et chimique. ». La page consacrée à l’Astronomie démarre ainsi sur Wikipedia. Quel charabia quand on est novice. Alors, on sort son dictionnaire et on cherche les définitions. Les astres « Tout corps céleste naturel ». Bon ok. Céleste? Alors là attention car « Céleste » a deux sens. Celui qui m’intéresse est la définition qui dit « Céleste = du ciel » et pas celle qui parle de « Divinité, Dieu » etc… Car c’est un tout autre débat. On sait ce que sont les astres, et on a compris ce que voulait dire « céleste ». Ensuite, dès que l’on connait ces deux définitions, on peut comprendre la suite. Les astronomes cherchent donc à expliquer les origines des astres, comment ils évoluent et enfin quelles sont leur propriété physique et chimique. Quand tu es débutant, ces deux derniers mots font peur. Physique et chimique. Cela devient rapidement un problème lorsque, comme moi, tu n’as pas fait d’études scientifiques mais que tu as voulu apprendre « sur le tas ». Sur le tas, tout devient plus problématique et tu prends forcément plus de temps que les autres, « ceux qui savent » comme dit souvent Roland Lehoucq lors de ses belles conférences. C’est là qu’intervient la difficulté pour les astronomes, « rendre attractif par la simplicité des explications quelque chose de complexe ». Un bon vulgarisateur sait faire ça, il arrive à captiver les novices qui, assoiffés de connaissances et d’enrichir leur culture scientifique s’abreuvent de toutes les conférences diffusées sur YouTube ou en direct live dans les salles obscures d’amphithéâtres bondés en fin de journée. Je vais tenter, pour les novices, d’apporter ma modeste contribution à leur apprentissage de cette merveille et gratuite discipline que nous offre le ciel. Car, oui on l’oublie trop souvent, quand stressé par la journée de travail, les problèmes quotidiens, ou un appel urgent à passer en rentrant le soir, on ne regarde pas la beauté quotidienne du spectacle du ciel. On ne le regarde plus comme dirait Tommy Lee Jones dans Men In Black. Quelle perte. Ce ciel, décortiqué, qui fascinaient tellement nos ancêtres en Grèce par exemple. Qui sommes nous? D’où venons nous? Où allons nous? Pour paraphraser Pierre Dac et André Brahic, je ne répondrai pas « Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne » mais que je m’intéresse grandement à ce qui m’entoure, à l’Histoire de l’Homme, de la Terre, du Système Solaire et de l’Univers. Cependant, sans connaissance scientifique, tout devient rapidement difficile. Je vais donc tenter d’aborder la base de chez base pour que celles et ceux qui ont le souhait de se lancer dans la folle aventure de l’Univers (Coucou à Florence Porcel que je recommande vivement), de le faire avec l’attirail nécessaire.

Tout d’abord, le Temps. Tout est relatif. Une mission comme Cassini par exemple a mis 24 ans pour trouver son dénouement et l’arrivée de la sonde autour de Saturne et ses anneaux. Vingt quatre ans! Les scientifiques qui travaillent sur ce genre de mission le disent « Une mission est généralement LA mission d’une vie » tant entre l’idée, la réflexion autour de sa faisabilité, le montage du cahier des charges, le lancement et son arrivée, il peut se passer des dizaines d’années. Alors, vous me répondrez « Ok, mais et les coûts? Vous ne pensez pas qu’avec 4 milliards d’euros on pourrait faire autre chose? » Oui d’accord, mais ces 4 milliards ne vont pas dans la poche d’une seule personne. Ces 4 milliards nourrissent les rêves et la soif de réponse. Ils permettent aussi de créer des dizaines de milliers d’emplois chez les industriels, scientifiques, etc… Cette conception d’une mission nous ne la suivons pas, en revanche sur le calendrier de la NASA par exemple on peut savoir quand telle ou telle sonde doit quitter la Terre. Puis, si j’évoque le Temps, je me dois aussi de parler des distances. Pour faire simple, elles sont faramineuses et le temps de trajet d’une planète à l’autre dépend de votre vitesse. C’est pourquoi, il n’est pas rare d’observer des sondes « faire le tour » de Vénus puis repasser par la Terre pour gagner en vitesse en se servant de l’assistance gravitationnelle de l’astre ou si vous préférez de son « effet de fronde ». La sonde tourne autour de la planète puis se fait catapulter pour gagner de la vitesse. New Horizons qui a fait coucou à Pluton en juillet 2015 s’est servi de Jupiter pour atteindre les 15 kilomètres par seconde (!). Il a tout de même fallu 9 ans pour que NH atteigne son principal objectif, l’ex neuvième planète du Système Solaire. Donc vous l’aurez compris, on ne va pas rendre visite aux Martiens comme on va chez mon oncle Gérard, il faut du temps, de la vitesse et de la précision pour ne pas rater sa cible.

Qu’est ce qu’une planète? Selon la définition de 2006 de l’Union Internationale d’Astronomie, celle-ci doit être sphérique, tourner autour du Soleil et « avoir fait le ménage » autour d’elle (Il n’y a pas une autre Terre à proximité de la Terre etc…). Cette nouvelle définition a mis fin au statut planétaire de Pluton. La petite au grand cœur a été déclassifiée pour devenir la championne de sa nouvelle catégorie, les planètes naines et fait partie des objets transneptuniens (au delà de l’orbite de Neptune, dernière planète du Système Solaire). C’est Mike Brown, astronome américain, qui a remis le cas « Pluton » au centre des débats lorsqu’en 2003 il fit la découverte d’un autre corps similaire à Pluton, Eris. Dès lors, la question fut la suivante : « Devons nous considérer Eris comme une planète à part entière ou reconsidérer la définition d’une planète? ». Très rapidement, d’autres corps furent découvert, Quasoar, Makemake ou Sedna. Alors la question était celle-ci « Combien y a t-il de planètes? 8? 9 en incluant Pluton? Ou 12? 13? » Plus l’arrivée de nouveaux corps affluait, plus la pression était sur les scientifiques de l’UAI. C’est donc la troisième raison pour laquelle une planète est une planète qui élimine tous ces corps, dont Pluton, du statut d’une planète. Je parlais des distances, on y vient de suite avec celles présentes dans le Système Solaire.

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Dans ce tableau issu d’un document de l’ENS de Lyon, vous pouvez voir plusieurs chiffres. Le diamètre des planètes et du Soleil (qui est une étoile), leurs distances au Soleil, et leur période de révolution en jours (durée qu’il faut pour réaliser un tour autour du Soleil). C’est la première chose que j’ai appris quand j’étais enfant et que j’ai commencé à m’intéresser aux astres. Mercure, Vénus, la Terre et Mars sont faites de roche, on peut s’y poser, marcher dessus (enfin façon de parler…), et Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune sont de gaz et de glace. Il n’y a pas de sol. Autour de ces planètes tournent des satellites, certains sont même plus grands que des planètes, comme Ganymède orbitant autour de Jupiter et qui est plus grand que Mercure. Les satellites regorgent de mystères. On soupçonne (pour ne pas dire « on est sûrs! ») la présence d’eau liquide sur plusieurs d’entre eux. Cette eau se trouverait sous une épaisse couche de glace, à XX kilomètres de profondeur. Je vous glisse une photo des geysers observés par Cassini à proximité de la lune Encelade, satellite de Saturne.

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On a vu les planètes, les satellites, intéressons nous aux comètes.

Qu’est ce qu’une comète? C’est un petit corps céleste constitué d’un noyau de glace en orbite autour d’une étoile. Elles viendraient d’un réservoir de comètes au sein du nuage d’Oort et du milieu interstellaire. Plusieurs missions ont été menées pour percer le mystère des comètes, Stardust vers la comète Wild 2 (1999-2004) qui avait pour projet de ramener de la poussière issue de la queue de la comète sur Terre, ou plus récemment Rosetta lancée en 2004 et dont l’atterrisseur Philae s’est posé sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko.

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Certaines nous rendent visite une seule fois et repartent, d’autres sont périodiques et viennent nous « voir » toutes les XX/XXXXXXXXX années. Je prends exemple d’une des plus célèbres d’entre elles, la comète Halley.

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Elle orbite autour du Soleil et est visible sur Terre tous les 76 ans. Une petite illustration que j’ai déjà diffusée sur Twitter explique mieux que tout son passage.

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On va s’éloigner un peu et observer les étoiles dans notre « proche banlieue » pour nous rendre compte des distances et du temps pour les rejoindre.

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Une unité astronomique (UA) = 150 millions de kilomètres, soit la distance Terre – Soleil.

Une année lumière (AL) = Environ 9 500 milliards de kilomètres.

Vitesse de la lumière = Environ 300 000 kilomètres par seconde.

Le Soleil d’un côté et le système triple du Centaure de l’autre. 4,3 années lumière séparent notre étoile d’Alpha du Centaure. Cela veut dire que la lumière met 4.3 années pour parcourir le chemin entre les deux étoiles. Question : A quelle vitesse se déplace la lumière?

La lumière se déplace à la vitesse de … 300 000 kilomètres par seconde. Nous sommes bien loin, vous l’aurez compris, des 15 kilomètres par seconde de New Horizons (Comme si vous faisiez Paris – Nice en une minute). A cette vitesse, NH mettrait 40 000 ans pour la rejoindre ! De plus, vu que la lumière met plusieurs années à nous parvenir, nous « voyons » le système d’Alpha du Centaure tel qu’il était il y a 4.3 années. Voir loin c’est voir dans le passé. La lumière du Soleil, qui se situe à 150 millions de kilomètres de la Terre, met 8 minutes pour faire le trajet. Autrement dit, si le Soleil venait à s’éteindre, nous le saurions 8 minutes après, pour cela que si un jour votre amoureux ou amoureuse vous dit « Regardez moi ce beau couché de Soleil », vous répondrez « Oui mais c’est du passé! ». Les communications ont la même façon de procéder. Lorsque New Horizons a pris des photos au près de Pluton, il a fallu 4 heures pour les recevoir sur Terre (je ne parle pas des délais de traitement évidemment puisque toutes les données collectées ont mis un an à nous parvenir…). Idem pour un rover sur Mars. Les personnes chargées de diriger Curiosity ou Opportunity ont un délai de transmission d’une quinzaine de minutes entre le moment où elles donnent l’ordre au robot d’aller à un endroit précis, et à nouveau 15 minutes pour recevoir le message qui dit que la manœuvre a été effectuée. Imaginez que vous téléguidez une voiture en plein Paris avec un délai de plusieurs minutes entre deux manœuvres, je serais curieux de voir son état après votre périple. Sur l’image vous aurez remarqué la présence de deux sondes : Voyager 1 et Voyager 2. Les sœurettes de l’espace ont quitté la Terre en 1977 et ne sont quasiment plus, aujourd’hui, affectées par le vent solaire. A environ 15 kilomètres par seconde, elles mettront environ 300 000 ans pour rejoindre Sirius située à 17 années lumière du Soleil. Pour l’anecdote, ces deux sondes, comme Pioneer, possèdent des informations sur la Terre et ses habitants (images, position de la Terre dans le Système Solaire, à quoi ressemblent un Homme et une Femme, etc…). On peut imaginer que ces sondes sont comme des bouteilles à la mer, l’Homme nourrit ainsi l’espoir, qu’un jour des êtres intelligents pourront les récupérer et prendre connaissance de notre existence passée.

Voilà je n’ai pas voulu m’attarder sur les planètes (plus d’infos simples Ici), vous trouverez facilement des informations compréhensibles sur Wikipedia par exemple ou dans le lien mis entre parenthèses. Il y a tellement de choses à dire. Je pensais que parler des distances et du temps étaient essentiels pour se faire une idée de l’immensité de l’Univers et à quel point nous sommes ridicule. Bien malheureuses sont ces personnes aux grandes responsabilités et au nombril surdimensionné de se rendre compte qu’elles ne sont pas le centre de l’Univers…

Je vous invite à consulter YouTube pour visionner certaines conférences, je vous laisse quelques liens ci dessous. Sur Twitter, faites vous plaisir en suivant Thomas Pesquet, astronaute Français, actuellement à bord de la Station Spatiale Internationale et qui nous fait vivre son quotidien à son bord et nous permet, par ses photos, de voir à quel point notre planète est belle et qu’il faut la protéger. Je vous invite aussi à suivre toutes les personnes qui sauront vous intéresser de par la contribution au grand public de leurs multiples connaissances et de leur amour pour l’astronomie. Quand on aime ce que l’on fait, comme eux, c’est tellement plus simple de passionner les autres. Le ciel vaut bien ça. Et puis comme le disait si bien André Brahic « La science c’est de l’amour ».

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La chaîne YouTube de Florence Porcel : -> L’amoureuse des étoiles et de la planète Mars, c’est ici

Son site -> http://www.florenceporcel.com/

StarDust -> 

Sébastien Carassou -> Ici

La page YouTube de Laurence Honnorat, mine d’or en conférence scientifiqueLes conférences par là !

Faites vous plaisir.

A bientôt sur Twitter et sous les étoiles exactement.

 

Benjamin @Vulgasciences

 

 

 

Merci André Brahic…

Si je devais montrer à mon fils ce qu’est d’être passionné, je lui montrerais sans hésiter une seule seconde une conférence d’André Brahic. La passion. André Brahic savait nous emmener aux quatre coins du Système Solaire. Que vous soyez fin connaisseur du sujet ou totalement novice en la matière, il savait captiver l’attention de tous.

André Brahic est parti hier. Il laisse un grand vide, tant son personnage occupait une place dense dans le monde de la recherche et de la vulgarisation scientifique. Sa bonne humeur, ses anecdotes, ses prises de position sur notre société, donnaient à ses conférences un paysage coloré, divin tout en apportant cette dose d’humour qui le différenciait des autres. Ecouter André Brahic, le passionné, c’est s’accrocher comme un taré aux parois d’un TGV lancé à 300 kilomètres. C’est un déluge d’informations à la minute, chose normale vu qu’André Brahic avait une relation particulière avec le temps, thème abordé X fois au cours de ses interventions en amphithéâtre ou sur les plateaux de télévision ou radio. Je me souviens, il disait souvent « J’aimerais qu’il y ait une banque du temps dans laquelle je pourrais placer une semaine de vie pour revenir voir où on en serait dans 500 ans » ou il plaisantait sur les prochaines missions spatiales et son rêve de repartir autour de Neptune « Je rêve d’une nouvelle mission autour de Neptune, on lance la sonde vers 2035, elle arrive en 2047, et dix ans plus tard je viendrais vous expliquer ce que l’on a trouvé en me déplaçant sur ma chaise roulante ». Il faisait du compliqué et de l’inaccessible quelque chose de simple et de compréhensible.

André Brahic est l’une de mes plus belles rencontres. Je l’ai croisé une fois à Lille, il discutait, entouré d’une belle foule, et j’ai pu échanger quelques mots avec lui. André Brahic, c’est le genre de personnage que si vous lui dites un seul mot, il serait capable d’en faire un exposé. Je lui avais demandé ce qu’il pensait du système de Saturne et notamment de la petite Encelade. Il m’avait fait rire en disant que « Encelade est un petit corps, tout comme un homme politique qui fait sa campagne actuellement, mais qu’à l’inverse de cet homme, ce satellite a beaucoup d’enseignements et d’informations à nous donner », ou qu’Encelade, comme d’autres satellites comme Europe autour de Jupiter ou Triton orbitant autour de Neptune, « possédait un océan d’eau liquide sous son épaisse couche de glace, d’ailleurs océan appelé Perrier car il fait sans cesse des bulles et est en mouvement ». Il fait parti de ce petit cercle de personnes qui marque une existence, qui ne laisse pas insensible. Il n’avait pas le temps mais le prenait tout de même pour discuter de tout et n’importe quoi. La fatigue n’avait pas d’emprise sur lui, son agenda ne lui permettait pas de se reposer, sa passion non plus. Le voir et pouvoir lui parler alors qu’il passe son temps entre Los Angeles, Hawaï et Paris, quand il ne fait pas une excursion dans le désert du Ténéré, était une véritable chance, une rencontre dont vous ne ressortez pas sans rien. Discuter avec André Brahic était une occasion de recevoir un cadeau, son savoir. Je me souviens que ce bref échange m’avait tenu en réflexion pendant plusieurs jours.

Ce passionné nous a emmené très loin, on a eu une chance inouïe de vivre à son époque. Il militait pour le savoir et pour que l’amélioration de l’éducation. André Brahic mettait toujours en avant le code des scientifiques qui est fait de doute, de remise en question et d’humilité. Il était un passeur d’histoire et de savoir, quelqu’un de bien. Comme beaucoup de ses prédécesseurs, il n’a pas tout compris en ce qui concerne les anneaux de Saturne, mais il aura au moins permis de nous faire rêver tout en nous transmettant des connaissances. Depuis hier, je pleure la perte d’un homme qui aura compté énormément dans ma passion envers l’astronomie. Là-haut, sûr et certain qu’il a déjà commencé à raconter ses histoires, ses souvenirs de sa vie, et qu’il regardera avec un vif intérêt les découvertes futures. J’espère qu’avant de nous quitter, il avait mis de côté quelques semaines de sa vie pour que nos générations futures aient la chance de l’entendre, de l’observer sur une scène à déambuler sans arrêt de gauche à droite, d’écouter ses anecdotes et de partager avec lui ses souhaits pour les prochaines décennies. Il est parti, mais plus que jamais son oeuvre et son dévouement habiteront la recherche scientifique.

 

Merci André Brahic.

 

Photo : André Brahic en 2014 © MaxPPP – 2016 / Franck Boileau

Pour la beauté des étoiles

Bonjour,

Comme cela fait longtemps que je n’ai pas écrit ici. Je vous avoue que, pour ce blog, je souhaitais l’alimenter régulièrement, y ajouter des vidéos que j’aurais pu faire moi même, et mettre des articles écrits par mes soins, blablabla et blablabla. Mais mon travail, qui n’a absolument aucun rapport avec l’astronomie, me prend un temps immense. J’entends déjà ici et là des voix qui me répondent « Mais Benjamin, le temps n’existe pas, il est juste un repère qui te permet de te situer en tant qu’être à part entière vis à vis des autres et de la tournure que tu veux offrir à ta vie ». Oui, ok, d’accord. Mais petite voix cela reste plus facile à dire qu’à faire, tu en conviendras? « Oui » Bien merci.

Alors pourquoi ce billet? Pour vous parler. Juste ça. C’est que sur Twitter on arrive rapidement à la limite des 140 caractères et ces dernières semaines, c’est vrai, je n’ai pas accordé assez de temps (encore là celui là?) à vous.

Ce billet, je l’écris pour la beauté des étoiles. Cette beauté dont je suis tombé éperdument amoureux lorsque je fus assez vieux pour lui accorder une réelle attention. Mes parents m’ont grandement aidé à aimer le ciel. Ils m’ont souvent dit que pendant que des vies s’allumaient et s’éteignaient, elles, les étoiles, ne bougeaient pas. Elles étaient là, à nous regarder (nombrilisme sort de ce corps!), et à nous envoyer leur plus belle lumière. Pourtant mes parents n’ont aucune connaissance en astronomie. Si demain je venais à leur dire que Saturne s’approchait de Jupiter et allait le dépasser pour prendre sa place, peut être qu’ils me croiraient. Je me suis donc mis seul à la découverte de notre ciel et de ce qui nous entoure dans ce vaste univers. Quand j’étais petit, je dessinais régulièrement les neuf planètes du Système Solaire sur mes cahiers de devoir, d’ailleurs je peux encore parfois y lire quand je replonge mon nez dans mes souvenirs, que mes instits disaient de moi que j’étais très calme et souvent dans la Lune. En réalité, c’est dessus que j’aurais aimé être. Les années ont passé, l’école m’a bien gavé, et en Seconde on m’a demandé de faire un choix : Bac Scientifique? ou Bac Littéraire? J’avais la chance, même si l’école me cassait les pieds, de pouvoir choisir. Souvent je me demande pourquoi j’ai questionné la conseillère d’orientation à propos du Bac L. « Et c’est bien Littéraire? » – « Oui, tu aimes lire? » – « Oui » – « Donc le Bac L est fait pour toi ». Les vœux d’orientation c’est comme quand tu es devant l’étalage de viennoiserie à la boulangerie, la réponse c’est tout de suite qu’il faut la donner. Sans réfléchir longtemps, j’ai écrit « Filière littéraire ». Avec le recul, je ne regrette pas du tout cette orientation car elle m’a permis de découvrir et de connaitre des personnes importantes. Mais si je creuse plus au niveau professionnel, je me dis que j’ai fait une grossière erreur. A 33 ans, aujourd’hui, je sais que ma voie professionnelle ne se situera jamais dans les sciences. Pourquoi? Parce que cela occasionnerait et exigerait de reprendre des longues études, or ma situation familiale et financière ne me le permettent pas. En aurais-je envie en vrai? Je ne sais pas. En tout cas, un rêve, oui et ça restera en état. Mais à côté de ça, je n’ai jamais abandonné de cultiver et d’alimenter ma curiosité. En vrai, je suis curieux de tout. Une personne très importante pour moi m’a dit que ma curiosité était telle que ma passion se transmettait facilement même si à la base elle n’était pas commune. Quand j’ai entendu ça, j’étais très content, gêné aussi mais fier. Fier car je n’ai pas de connaissances apprises lors de mon cursus scolaire, ou (ok allez….) la base en mathématiques du secondaire, mais toutes ces connaissances je les ai développées grâce à ma curiosité. C’est pourquoi j’adore la vulgarisation scientifique. Pour les gens, qui, comme moi, veulent toujours en savoir encore et encore, c’est un véritable plaisir d’écouter, de lire ou de voir des professionnels, spécialistes dans leur domaine, nous transmettre leur savoir. Il n’y a pas d’âge pour apprendre, tout est une condition de volonté.

« Les étoiles, elles sont si belles, on ne les regarde plus », c’est l’agent K dans Men in Black qui dit ça. Et c’est vrai. Combien de fois, quand j’arrive au boulot à 7h15/20, je dis à mes collègues « Vous avez vu la Lune??? » – « Bah nan!! Elle est tombée? ». Ok! Les gens ne s’arrêtent plus pour lever le nez vers ce spectacle gratuit qui, tous les jours, nous offrent, quand le temps le permet, ses meilleures représentations. La curiosité est le mal de l’éducation nationale. Aujourd’hui, comme hier, nous n’apprenons pas les jeunes à penser par eux même mais à répéter. Je me souviens en philosophie, j’ai fait mon année de Terminale en ayant quasiment que des 10/20. Je suis allé plusieurs fois voir mon professeur pour lui demander pourquoi j’avais eu cette note (surtout qu’il n’y avait pas d’annotations dans la marge…), je l’entends encore me dire « ça vaut dix », « MAIS POURQUOI????!!! ». Pas de réponse. Comment voulez vous, si vous n’êtes pas curieux de nature, ne pas décrocher de cette matière quand vous entendez pareilles âneries? Franchement je ne sais pas. La philosophie pourrait être une matière si « facile » si les professeurs acceptaient qu’un élève ait une pensée différente du corrigé. En Terminale, plusieurs fois mon professeur m’avait dit « Benjamin, tu as une pensée trop complexe pour le lycée. Tu t’éclateras en faculté si tu pars en philosophie » – « Non merci ça ira! ».  Les profs suivent le programme car l’EN a décidé qu’il en serait ainsi. Mais bon sang, évoquer des matières, des thèmes qui ne sont pas au programme pour le plaisir ou pour étoffer un cours n’a jamais tué. De mon CP à la Terminale, JAMAIS un professeur n’a parlé d’astronomie. Jamais. Pourquoi? Pas au programme. Je trouve ça d’un triste. Plus récemment, lors de l’éclipse solaire de l’année dernière, vous vous souvenez de comment l’EN avait géré l’affaire? « Les élèves ne sortiront pas pendant le phénomène! ». Point. Je me souviens que mon fils de 8 ans avait été frustré. Clairement. En rentrant, le soir, il s’est approché de moi et m’a dit « Papa, c’est quoi une éclipse? » – « On ne t’a pas expliqué à l’école? » – « Non on nous a dit de ne pas regarder par la fenêtre ». J’ai fait un TP avec lui. Je lui ai dit que sa tête était la Terre. Je lui ai donné un CD et lui ai demandé de le tenir, bras tendu, devant son visage. J’ai cherché un plat à pizza que j’ai mis devant ma poitrine et je lui ai dit « Dès que tu ne vois plus le plat à pizza car caché derrière le CD tu me le dis », après quelques mètres à reculons il m’a interpellé. Je me suis stoppé. Je n’ai rien dit. Seul, comme un grand petit bonhomme qu’il est, il a compris tout seul ce qu’était une éclipse. J’étais content pour deux choses. Content car j’ai fait ce que l’école n’a pas su faire, transmettre un savoir. Et ensuite, content car j’ai toujours cette phrase d’Einstein qui dit « Si vous n’êtes pas capable d’expliquer un concept à un enfant de 8 ans, c’est que vous ne maîtrisez pas totalement ce concept ».

J’ai crée Vulgasciences pour discuter avec des gens qui s’y connaissent réellement, qui ont fait des études, mènent des projets, et aussi pour proposer aux autres personnes qui sont comme moi, à la base, tout sauf des scientifiques, ma passion et ce que je sais. Alexandre Astier a dit lors de sa conférence aux Utopiales 2014 qu’étant pas scientifique il « devait faire un pas de plus dans les sciences que les personnes qui venaient le voir ». Vulgasciences, c’est pareil. Il m’arrive, souvent, d’écrire un tweet, de décrire un objet, d’arrêter l’écriture du tweet et d’aller ouvrir un livre afin de m’assurer que ce que je dis n’est pas une connerie. Quand je ne sais pas, je me tais et je me renseigne. Quelle joie quand je vois dans mes notifications qu’un compte m’a mis dans une catégorie science alors qu’en vrai c’est juste ma passion et uniquement elle qui me permet d’avoir deux trois connaissances sur certains sujets. En tout cas, vous qui me lisez et qui parlez avec goût et sans penser à la dépense de temps que vous offrez à votre savoir, je vous remercie. Heureusement que la vulgarisation scientifique existe, heureusement que tous ces scientifiques prennent un peu de temps pour descendre de leurs laboratoires ou pour revenir des anneaux de Saturne pour offrir leurs connaissances à des centaines de curieux chaque soir dans un auditorium ou via YouTube.

Pour ma part, je fais ce que je peux, mais toujours avec plaisir et en n’oubliant jamais de faire un pas de plus que ceux qui interagissent avec moi, toujours pour la beauté des étoiles.

par Ben Posté dans Moi

Pluton, 85 années d’Histoire, une mission pour l’éternité

Dans quelques heures, les Terriens (enfin ceux qui s’y intéressent) vont découvrir à quoi ressemble le champion de la catégorie des Naines, Pluton.

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Pluton par Hubble

Découvert en 1930 par un astronome amateur du nom de Clyde Tombaugh, Pluton aura traversé les décennies en offrant frustration sur frustration aux astronomes du monde entier. En effet, petite et lointaine, seul Hubble réussit à obtenir quelques images pour nourrir les scientifiques avides d’en savoir plus sur le premier objet transneptunien et longtemps Pluton est resté évasif sur sa composition, la présence ou non d’atmosphère et sur sa taille.

Très rapidement après sa découverte, deux courants se heurtent au sujet de la nature de Pluton. L’un dit que Pluton est une planète et que celle ci doit même être considérée comme une « classique » et ainsi lui permettre de ne jamais se voir destituée de son rang. Ce courant est majoritairement américain. Evidemment, ces derniers sont « les découvreurs » de Pluton (les Anglais avaient découvert Uranus et les Français Neptune). Néanmoins, et déjà des divergences régnaient dans le camp US, lorsque Tombaugh a découvert Pluton en 1930, une vague d’indignation s’est levée des scientifiques américains de Harvard ou d’autres prestigieuses universités « Comment ça?? c’est un astronome amateur qui a découvert Pluton alors que nous, nous avons la connaissance, le matériel etc… ». Oui mais c’est comme ça. D’ailleurs, quand cette découverte fut rendue publique, jamais les journaux US mentionnèrent Clyde Tombaugh comme première personne à avoir mis l’oeil sur Pluton mais ces derniers parlèrent « d’équipes de scientifiques ». N’oublions pas également que Percival Lowell aurait dû mettre la main sur la petite planète en 1916 mais sur deux clichés, sur lesquels Pluton apparaissait, il y avait sur l’un un défaut sur la plaque photographique, et sur l’autre Pluton passait par hasard à proximité d’une étoile et la luminosité de celle ci engloutissait tout autour d’elle, dont Pluton.

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Clyde Tombaugh à l’observatoire Lowell à Flagstaff

Le second courant est plus critique envers le statut de Pluton. L’un des protagonistes dans l’histoire de la promotion de Pluton « planète naine » en 2006, André Brahic, a rapidement appelé Pluton comme étant « un gros astéroïde » et parlait de huit planètes dans le Système Solaire. C’est en 2003 que tout évolue. Michael « Mike » Brown, astronome américain, découvre un corps, nommé à l’époque 2003 UB313, plus connu aujourd’hui sous le nom d’Eris (Déesse de la discorde chez les Grecs, nom bien trouvé), d’une taille similaire à Pluton. Brown, qui faisait parti des scientifiques favorables à une déclassification de Pluton de son statut de planète, appellera, dans un premier temps, Eris comme dixième planète du Système Solaire. Très rapidement, il se ravisa et déclara « Si Pluton est une planète, alors je revendique avoir découvert une planète, si en revanche Pluton n’en est pas une, je revendique rien ». Suite à cela, les médias, l’éducation nationale, d’autres scientifiques harcelaient l’Union Astronomique Internationale pour savoir s’il y avait 8, 9 ou 10 planètes.

La raison principale évoquée par André Brahic pour justifier la promotion de Pluton comme planète naine était que si ce dernier et Eris étaient considérés comme planète à part entière, en 2006 il y aurait donc eu dix planètes, puis en 2020 vingt cinq planètes, en 2050 cinquante etc… André Brahic allait même plus loin en disant « qu’il fallait appeler planète tout objet découvert avant 1900 car c’était la naissance de l’astrophysique ». Six membres de l’UAI se sont rencontrés à Paris en Août 2006 afin de statuer sur la définition du planète et après X discussions et négociations, ils sont tombés d’accord sur cette définition : « Une planète doit tourner autour du Soleil, être sphérique et avoir fait le ménage sur sa banlieue proche. Or, bien que Pluton soit sphérique et tourne autour du Soleil, il y a un nombre incalculable d’objets comme Pluton dans sa proche banlieue. »

Lorsque l’UAI se prononça en 2006 à Prague sur la déclassification de Pluton, Alan Stern, père de la mission New Horizons qui survolera Pluton le 14 Juillet 2015 à 12500km, s’indigna craignant que cette mission perde de son intérêt. La grogne durera quelques mois puis s’estompa au sein de l’équipe de NH. Cependant, jamais les USA pardonnèrent cette décision. Pour beaucoup d’Américains, Pluton est et restera une planète au même titre que le sont la Terre ou Jupiter, ces derniers allant même jusqu’à dire que « Si Pluton n’est pas une planète, les nains ne sont pas des humains ». Ouais…

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Ici, dessin représentant les membres de l’UAI vus par les Américains

Quoi qu’il en soit, ce 14 Juillet 2015 sera un grand jour pour beaucoup d’entre nous. Je me souviens, il y a une petite trentaine d’années lorsque mes parents m’ont offert mes premiers livres d’Astronomie et sur le Système Solaire, voir que Pluton effectuait sa révolution en 248 ans m’avait donné le vertige. Depuis ce moment, jamais je me suis détourné de ce petit corps. C’est donc avec une joie non dissimulée que demain sera un grand jour et que je mettrai fin à une attente de trois décennies.

Je n’ai pas d’avis particulier sur la catégorie de Pluton car que le corps soit petit, gros, grand, dense, massif, le Système Solaire et l’Univers sont tellement excitants et ces missions durent si longtemps, de leur imagination à leur conception jusqu’à leur réalisation, que je saisis cette chance de vivre ça à mon époque. Les étoiles étaient là avant nous et le serons encore après nous, profitons alors de leur merveilleux spectacle.

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Pluton, par New Horizons le 11/07/2015

Et la vie extraterrestre, où en sommes nous?

La question « Est on seul dans l’univers » est intégrée à notre société depuis des centaines d’années. Déjà, les penseurs de la Grèce antique se posaient cette question. Evidemment, quand on voit l’idée qu’avait Aristote du Système Solaire, avec la Terre au milieu et le Soleil et les autres planètes autour, on peut se dire qu’ils avaient une idée assez réduite de la question. Pour eux, l’extraterrestre était forcément Martien ou Vénusien. S’il est Martien, il serait longiligne car la gravité sur Mars est 160 fois plus faible que sur Terre donc l’être serait plus élancé, en revanche s’il vient de Vénus, il devrait pas faire plus de quelques centimètres de haut tant la pression sur Vénus écrase tout.

Cette idée de l’extraterrestre a été développée au fur et à mesure que les découvertes affluaient. Galilée en 1610 démontre que la Terre tourne autour du Soleil, et en quelques nuits, grâce à sa lunette astronomique – cet objet crée au départ pour permettre aux soldats de voir l’ennemi de loin, mais d’autres personnes plus intelligentes, comme Galilée, se sont dits « Pourquoi regarder toutes personnes qui se ressemblent alors que si je regarde vers le ciel je vois un univers totalement inconnu » – il fera la plus grande moisson de découvertes : Les tâches sur le Soleil, les cratères sur la Lune, les satellites qui tournent autour de Jupiter, les anneaux de Saturne…

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La volonté des hommes était déjà d’aller voir ce qu’il se passait sur les autres planètes, nos ancêtres en rêvaient, nous faisons parti des premières générations d’êtres humains à être allés voir les autres planètes. Alors évidemment, ici nous voyons qu’en 1850, Granville avait déjà une idée pour relier les planètes du Système Solaire et ainsi permettre à l’Homme d’aller les visiter.

En 1977, les sondes Voyageur marquent le réel démarrage de la conquête du Système Solaire. Ces sondes donneront pour la première fois des images détaillées des systèmes de Jupiter et de Saturne, mais aussi des mondes glacés que sont Uranus et Neptune. Aujourd’hui, ces sondes sont sorties du Système Solaire et ont pénétré dans le milieu interstellaire. Ces sondes se déplacent à une vitesse d’une quinzaine de kilomètres par seconde qui est aujourd’hui une vitesse tout à fait considérable.

Ces divers programmes, Voyageur, Venera, Messenger, et plus récemment Cassini Huygens et les sondes Martiennes, ont permis à l’Homme de rêver d’aller voir les autres planètes, mais aussi de collecter des informations plus qu’intéressantes et inattendues à propos de divers mondes.

En 1997, la sonde Cassini Huygens est lancée. Sept années plus tard, cette sonde se place en orbite autour de Saturne et envoie Huygens se poser sur le sol de la lune géante de Saturne, Titan. Cassini a montré la lune, Encelade, sous un angle et avec une qualité d’image, qui a quasiment convaincu les scientifiques qu’il y avait de l’eau sous l’épaisse couche de glace du petit satellite. Or, découverte étonnante, lorsque j’étais à l’école, dans les années 90, on m’a appris qu’un petit corps était forcément mort. Encelade et son diamètre moyen de 500 kilomètres (pour comparaison la Terre a un diamètre de 12 000 kilomètres environ) renferme un océan qui pète le feu. En effet, lors des différents passages de Cassini à proximité du satellite et grâce aux observations du télescope Hubble, des hauteurs de geysers ont pu être calculées. Ainsi, alors que sur Terre, certains geysers en Islande ont été mesurés à approximativement 75/80 mètres de haut, sur Encelade certains peuvent atteindre l’altitude de 200 kilomètres ! C’est du geyser !
L’eau explose à la surface, sort dans l’espace, donc on peut imaginer que sa température peut être d’une vingtaine de degrés, se solidifie et retombe sous forme de glace à l’endroit où elle a jaillit, cela crée donc un bouchon, et ainsi de suite. L’océan est en perpétuelle activité, et les geysers sont donc nombreux et sans cesse observable. Là vient donc la question suivante : Pour que les conditions de la vie soient réunies, il faut qu’il y ait de l’eau liquide, une bonne température et de l’énergie. Or, qu’est ce que l’on constate sur Encelade? Il y a de l’eau liquide, mais comme cette eau se trouve sous l’épais manteau glacé, on sait aujourd’hui qu’il y a une source de chaleur et de l’énergie. Je ne suis pas en train de vous dire qu’il y a des poissons sur Encelade, mais nous sommes à l’aube d’une nouvelle découverte et sans doute de quelque chose qui peut bouleverser nos idées sur la place de l’homme dans l’univers. S’il y a des organismes dans l’océan d’Encelade, nous aurons la preuve que les conditions de l’apparition de la vie ne se résument pas UNIQUEMENT à nos conditions terrestres.

Et les extraterrestres dans tout ça?
A ce jour, on en sait rien. On ne sait pas si nous sommes seuls dans l’univers, les plus optimistes se raccrochent à l’équation de Drake (1), tandis que d’autres relancent le paradoxe de Fermi.
Prix nobel de physique en 1938, Enrico Fermi continua ses recherches aux Etats Unis en 1938 après avoir fui la montée du fascisme en Italie. Au cours de l’été 1950, alors qu’il était au laboratoire de Los Alamos, au cours d’une discussion avec Edward Teller (le père de la bombe atomique américaine), dont le sujet était entre autres les derniers rapports d’observation d’OVNI par l’armée américaine, Fermi demanda « Si les extraterrestres existent, mais où sont ils? ». Aujourd’hui, à près de 65 années plus tard, cette question reste toujours sans réponse. Dans son livre « Where is everybody », Stephen Webb liste un bon nombre de solutions possibles sous 3 catégories :
– Ils sont là.
– Ils existent mais ils ne se sont pas encore manifestés.
– Ils n’existent pas.

Alors, s’ils n’existent pas, le débat est clos, c’est regrettable mais c’est comme ça. Une phrase, quasiment d’ouverture, du film « Contact » sorti en 1997, pourrait illustrer cette solution « Si nous sommes seuls dans l’univers, ça serait un beau gâchis d’espace ».

S’ils existent mais qu’ils ne se sont pas encore manifestés, plusieurs idées peuvent alors être exposées :
1/ Ils n’ont pas encore eu le temps d’arriver chez nous.
Les distances entre les étoiles sont énormes, et rien que pour notre civilisation puisse se rendre autour de l’étoile la plus proche de notre soleil, Proxima du Centaure, il faudrait 4.27 années si nous nous déplacions à la vitesse de la lumière. Or ce n’est absolument pas notre cas, et si nous décidions de lancer une expédition, aujourd’hui, il faudrait 40 000 ans pour relier la Terre à Proxima du centaure, soit une éternité. Il faut donc imaginer que ces « êtres » auraient la capacité à se déplacer plus rapidement que nous, et on peut donc penser que leur civilisation est apparue bien avant la nôtre. Pour indice, l’univers a un âge (selon les estimations à aujourd’hui) de 13.8 milliards d’années. Le Soleil, quant à lui, est âgé de 4 milliards d’années, il est relativement jeune comparé à l’âge de l’univers, on peut donc se dire que d’autres civilisations ont pu naître autour d’étoiles plus vieilles et ainsi développer des technologies avant même que l’Homme, tel que nous le connaissons aujourd’hui, soit sur Terre.

2/ Ils ne nous ont pas encore découvert.
Dans les années 60/70/80, nous émettions un maximum dans l’espace. Les ondes radio quittaient la Terre à la vitesse de la lumière. Le programme SETI, programme qui a vu le jour dans les années 60 aux Etats Unis, a pour objectif de capter de signaux radio venant de l’espace. Régulièrement, des données sont collectées mais ces dernières sont, pour l’extrême majorité d’entre elles, toujours expliquées par un phénomène naturel ou artificiel (un satellite en orbite ou une émission terrestre par exemple). Cependant, en Août 1977, un puissant signal fut reçu par le SETI. En effet, pendant 72 secondes, le radiotéléscope de l’université de l’Ohio a enregistré des données qui viendraient de la constellation du Sagittaire (la direction évidemment, car chacun sait que les étoiles reliées, depuis la Terre, représentent un objet, un animal, ou un signe du zodiaque, mais en vrai ces étoiles sont séparées par des centaines d’années lumière et n’ont aucun rapport entre elles). Appelé « Le signal Wow! » comme de l’onomatopée écrite à côté des données reçues, il n’a plus jamais été perçu malgré des recherches approfondies sur le secteur ciblé.
Les ondes envoyées dans l’espace sont beaucoup plus faibles aujourd’hui. Les signaux sont précis et envoyés directement vers le satellite concerné. Aujourd’hui, si une civilisation tentait de nous écouter, elle aurait beaucoup de difficultés qu’auparavant. Des scientifiques pensent au contraire que les lumières des villes pouvaient attirer l’attention d’éventuelles civilisations. Evidemment, tout cela reste pure spéculation.

3/ Nous ne sommes pas encore assez bien pour eux.
Qu’il y ait de la vie ailleurs, les scientifiques sont quasiment tous d’accord. Maintenant, il reste à le prouver. Mais face aux découvertes récentes (avec la présence de l’eau liquide sur Europe, Encelade, Triton), on remarque que les conditions sont réunies pour que la vie ait vu le jour sur d’autres satellites malgré qu’ils évoluent dans des conditions extrêmes de froid et d’ensoleillement (faible intensité). Que la vie existe ailleurs, c’est quasiment acquis mais pour que des êtres avec une intelligence avancée se baladent dans l’univers, c’est autre chose. Mais, admettons. Pourquoi n’ont ils pas encore pris contact avec nous? Quand on nous regarde, si on prend un peu de hauteur, aurait on envie de dialoguer avec notre civilisation? Les guerres, les manifestations, les décisions des gouvernements, la maltraitance de beaucoup d’espèces animales sans compter le manque de considération pour le maintien de notre écologie en bonne santé. Tous les facteurs sont au rouge. Lorsque vous vous baladez dans la rue, si vous voyez au loin un groupe de personnes agitées, qui se font remarquer négativement, auriez vous envie d’aller discuter avec eux? Non, vous avez surtout envie que ces personnes vous laissent tranquille et nous souhaitez surtout ne pas interagir avec elles. C’est dans ces conditions que l’on peut se dire que s’ils existent, qu’ils nous observent mais qu’ils ne viennent pas nous voir c’est que l’on n’est pas assez bien pour eux. Au delà de ça, on peut aussi se dire que nous ne sommes pas assez bien au niveau de notre technologie et donc nous sommes comme « mis en quarantaine galactique » comme dirait Nicolas Prantzos dans sa série de conférences sur « la vie ailleurs dans l’univers ».

Pour conclure ce vaste sujet et cet immense débat, je pense que pour paraphraser X-Files la vérité est ailleurs. Je pense clairement qu’il y a un phénomène inexpliqué mais qu’il n’y a pas que ça. Je pense davantage que les progrès de la science permettront de répondre une bonne fois pour toutes, au cours de ces prochaines décennies, à cette fameuse question « Sommes nous seul dans l’univers? ». Il y a beaucoup de désinformations, beaucoup de canulars, il faut également savoir que les vraies données ne sont pas mises à la disposition des scientifiques. Un grand nombre de scientifiques déplore que les données sont traitées par la NASA ou d’autres organismes avant d’être transmises aux scientifiques, mais aussi qu’un phénomène qui dépasserait l’entendement ne serait pas, encore aujourd’hui, pris au sérieux et sans doute détruit pour « ne pas passer pour des cons aux yeux des autres ». Pour finir, je pense que s’ils existent, qu’ils nous observent donc qu’ils possèdent une technologie beaucoup plus avancée que la nôtre, s’ils nous voulaient du mal ils n’auraient pas de difficultés à nous éliminer. Les films comme Independance Day qui se veulent résolument science fiction où l’Homme, muni d’appareils aussi rudimentaires que nos avions de chasse, éliminerait la menace extraterrestre, je n’y crois pas, on ne peut pas y croire. Ce genre de film existe pour divertir le grand public et c’est bien ça que l’on exige, dans un premier temps, du cinéma.

Prometheus, exploration inachevée…

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Je dois avouer qu’étant fan de la saga « Alien » qui a bercé (le mot est faiblard vu le nombre de fois où j’ai eu peur qu’un xénomorphe me saute à la gueule) mon enfance, j’attendais avec impatience la naissance d’un préquel. Quand Prometheus a été annoncé, j’ai rapidement analysé ce titre. Prometheus fait immédiatement référence à Prométhée, un des divinités dans la mythologie grecque. Celui ci, si j’en crois mon dictionnaire sur la mythologie grecque, est connu comme étant celui qui a crée les hommes et auxquels il rendit le savoir divin, bon ensuite il a été condamné par le vilain Zeus à une souffrance sans fin.
Donc, je me suis tout de suite dit « on va connaitre l’instant X, le moment où tout a commencé ». Alors Ridley Scott affirma un jour que c’était un préquel à Alien puis un autre jour que Prometheus n’avait pas de lien direct avec la saga. Le bordel commence.
2012, le film sort. Je vais le voir. Mouais. Bof. L’intro est jolie car on nous offre sur un plateau les paysages qui font de l’Islande, lieu de tournage, un pays magnifique. Un gars au teint blafard et à la corpulence athlétique avale une substance qui se liquéfie au contact de l’air. Son corps se met à convulser, très rapidement on sait qu’il va y passer. Son corps se casse en plusieurs morceaux, il tombe dans la cascade (Dettifoss en Islande) et un gros plan nous donne la réponse à la question « Mais pourquoi??? », son ADN semble se répandre dans l’eau, les mammifères sont crées, la végétation également blablabla vive la vie blablabla.

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2089, un groupe d’archéologue découvre sur l’île de Skye en Ecosse une peinture qui représente un humanoïde désignant un groupement d’étoiles. Immédiatement, j’ai pensé à la carte stellaire faite sous hypnose par Betty Hill qui disait « avoir été victime d’une abduction » et pendant son enlèvement elle demanda à un extraterrestre de lui dire d’où il venait. Ce dernier lui tendit une carte et lui demanda si elle arrivait à situer le Soleil sur celle ci. Répondant par la négative, l’extraterrestre répliqua en lui disant qu’il n’était donc pas nécessaire qu’elle connaisse son origine car cela ne lui aurait servi à rien. Le dessin dans la grotte ressemble donc étrangement à cette carte qui représenterait Zeta Reticuli. D’ailleurs, détail important qui me dit que cette idée n’est pas conne : Dans les films Alien, c’est sur la planète LV-426 du système double Zeta Reticuli qu’est trouvé le vaisseau extraterrestre. Dans une featurette que l’on peut trouver sur internet, on peut voir le système planétaire imaginé pour Prometheus. On y voit la planète LV-223 qui orbite autour de Zeta Reticuli. On peut dès lors penser que Ridley Scott s’est inspiré de l’histoire du couple Hill. Ce système solaire est devenu célèbre grâce aux ufologues qui se sont emparés de l’affaire. Lors de la découverte de la peinture dans la grotte, Elizabeth Shaw, interprêté par Naomi Rapace, regarde son ami et lui dit « C’est une invitation », je vois surtout un humanoïde montrer très brièvement (dans l’immensité de l’univers, face aux milliards d’étoiles, ils ont quand même réussi à trouver d’où venaient ces extraterrestres, on est en 2089 mais quand même…) de quel bled il vient. On est dans un film, allez admettons.

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La première chose qui m’a frappé arrive tôt dans le film. L’équipe envoyée sur la planète est composée de scientifiques (géologue, botaniste…) fait connaissance lors de son arrivée autour du système solaire. Jamais cela aurait pu se produire dans la réalité. En vrai, pour des missions de quelques jours dans l’espace ou plus récemment pour la mission Mars 500, les astronautes font connaissance et travaillent ensemble des semaines avant la mission. Comment voulez vous qu’une mission se déroule comme prévu quand vous decouvrez in situ vos partenaires? Et puis dois je parler du caractère, du comportement de Fifield par exemple qui crève dans des circonstances à la con d’ailleurs : le mec est géologue, il a des appareils au top de la technologie, il lance des sondes qui lui permettent de savoir exactement où il se trouve dans la montagne creuse et…il arrive à se perdre lorsqu’il décide de repartir au vaisseau, je ne parle même pas de sa mort. Sans blague? Je reviens à ce que je disais. Pour une éventuelle mission qui consisterait à envoyer des hommes sur Mars, les Russes ont mis au point un programme, en 2010, afin de vérifier qu’un groupe de personnes serait capable de réaliser une mission aller et retour vers la planète Mars (en gros, est ce que cette équipe pourrait se retenir de se foutre sur la gueule pendant le voyage) en 500 jours soit grosso modo le voyage aller retour et une mission sur place. CINQ CENTS JOURS! Là dans Prometheus quenéni. Aucune mission au préalable, un équipage qui ne se connait pas, un commanditaire qui a de sombres idées et un financeur qui souhaite rencontrer les extraterrestres pour devenir immortel.

Du point de vue du trajet, l’étoile binaire qui abrite la planète sur laquelle se déroule l’intrigue est située à 39 années-lumière de la Terre, donc la lumière de cette étoile met 39 ans pour nous parvenir en voyageant à 300 000km/s soit la vitesse de la lumière. On apprend dès le début du film que le voyage dure deux ans. Cela voudrait dire que le vaisseau est allé à près de 20 fois plus vite que la lumière. En 2014, soit 80 ans (seulement) avant le début de l’histoire, le record de la plus grande vitesse jamais atteinte par un être humain est fixée à 11.1km/s ! C’était la capsule d’Apollo 10 en 1969. Là clairement ça dépasse tout ce que l’on peut imaginer ou plutôt ça correspond à tous ces films qui comportent de la très mauvaise science  et qui déforment au maximum la vraie science dans le but d’atteindre quelque chose d’impressionnant comme si ce que nos scientifiques ne se surpassaient pas assez tous les jours.
Donc la raison du départ ça ne colle pas (ça reste mon interprétation, après on peut évoquer la religion, très présente dans le film comme étant la raison pour laquelle ce groupe d’explorateurs part, mais je ne l’aborderai pas). La durée du voyage ça colle encore moins.

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Reste la planète de l’intrigue, celle ci orbite autour de l’étoile binaire Zeta Reticuli. En fait, ce n’est même pas une planète, c’est un satellite qui tourne autour d’une planète de type Saturne, et qui est baptisé LV-223. Certaines personnes pensent même que le second satellite apparent dans la featurette, et qui orbite autour de la grosse planète, serait le lieu de l’intrigue d’Alien 1.
L’équipage arrive, quelques coups de tonnerre, l’atmosphère est d’après le commandant de bord composé essentiellement de gaz carbonique et donc totalement irrespirable par les humains. On peut le voir par exemple dans Avatar, la composition atmosphérique de Pandora, selon les informations données dans le film, serait d’une vingtaine de pourcents en ce qui concerne la contenance en gaz carbonique. Visiblement ici on serait encore au dessus de ces 20% mais aucune information est donnée. Le sol de la planète, satellite serait plus juste mais c’est pour faire court, semble être très calme. Des montagnes plus grandes que l’Everest, des vastes plaines arides, des tempêtes de sable (enfin de ce qui ressemble à du sable). Pas de volcan. Le satellite orbite autour d’une planète qui ressemble trait pour trait à Saturne. On peut voir quelques plans du satellite, aucun volcan est à signaler. On peut voir sur Terre la force de marée causée par la Lune, notre satellite qui est très très loin d’avoir les mêmes propriétés qu’un astre comme Saturne, alors on pourrait imaginer un environnement plus qu’hostile pour l’Homme sur LV-223. D’ailleurs, si on compare ce satellite à Io, satellite de Jupiter, on peut voir à quel point les effets de l’attraction causés par Jupiter fond de Io un enfer.

Je ne suis pas allé plus loin dans la réflexion, ce film est surtout fait pour divertir le spectateur car la volonté première du cinéma est de proposer un divertissement. Je pense que ce film est un mauvais film du point de vue du scénario et catastrophique du point de vue de la science. Avec plus de motivation j’aurais peut être pu aborder le liquide noir qui dézingue l’extraterrestre en ouverture du film ou les propriétés du vaisseau des explorateurs car ce dernier ne ressemble pas du tout à un vaisseau pouvant voler à la vitesse de la lumière…enfin, beaucoup plus vite que la lumière ici. Ridley Scott n’a pas donné, peut être volontairement, plus d’informations sur les capacités du vaisseau pour qu’il se déplace aussi rapidement, au final, cela vaut peut être mieux.

Avant propos…

Bonjour toi.

Jeune ou moins jeune, c’est avec plaisir que je t’accueille sur ce blog. Tu t’intéresses aux sciences? Tu veux lire des articles un peu décalés, écrits dans un ton qui ne ressemble en aucun cas à ce que tu peux voir dans les magazines ou sur les sites spécialisés? Tu n’es pas scientifique à proprement parlé mais tu te questionnes sur qui nous sommes, d’où venons nous, est ce qu’il y en a d’autres ailleurs? Alors je ne répondrai pas comme Pierre Dac qui disait « Je viens de chez moi et j’y retourne », ici tu es le bienvenu et tu peux rester aussi longtemps que tu veux.

Je vous ferai partager certaines réflexions, de merveilleuses images et des vidéos qui traiteront des sciences. Je suis qu’un amateur, un passionné qui, s’il avait été un peu plus sérieux à l’école, aurait pu faire carrière dans l’aérospatial. Comme un scientifique qui sait dire uniquement ce qui est faux et qui ne dit pas la vérité, je m’efforcerai de vous donner ma vision des choses, de ce qui nous entoure, à ma modeste échelle.

Avec toujours la passion et l’envie de partager, d’ouvrir, pourquoi pas, à certains d’entre vous des choses jamais vues auparavant.
Pour le plaisir de l’émerveillement.

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Ben.